Recherche à l'œuvre : Dre Laura Rosella

SPO à l’œuvre

12 janv. 2017

Estimer le risque de diabète pour la population afin de guider les stratégies de réduction communautaires

Le nombre de personne atteinte du diabète de type 2 croît à un taux alarmant au Canada. Selon l’Association canadienne du diabète, 2,7 millions de Canadiens ont le diabète et ce total devrait atteindre 4,2 millions d’ici 2020. La Dre Laura Rosella, de Santé publique Ontario, cherche des moyens de gérer ce problème critique dans une perspective globale de santé de la population. La Dre Rosella a développé des outils qui permettent de calculer le risque de diabète dans une population donnée afin d’aider les décideurs et les planificateurs de programmes à planifier et à mettre en œuvre des stratégies de réduction du diabète dans leur collectivité.

La recherche actuelle de la Dre Rosella se fonde sur le Diabetes Population Risk Tool (DPoRT), un outil qu’elle a élaboré avec ses collègues pendant qu’elle terminait son doctorat. L’outil estime le risque futur de diabète en utilisant des données sur les populations qui sont recueillies couramment. Il tente de faire pour toute une population ce que le médecin fait quand il évalue le risque d’un patient : établir le rôle du comportement, des facteurs de risques et du contexte global afin de déterminer sa probabilité de contracter le diabète.

« Le médecin entre dans la pièce et dit au patient que certains facteurs de risque s’appliquent à lui, puis il saisit ces facteurs dans un calculateur de risque. Avec le résultat, il peut planifier le traitement, par exemple prescrire une statine...Mais du point de vue de la santé de la population, nous n’avions pas d’outil utile de ce genre. Au niveau de la collectivité, les médecins-hygiénistes et les autres décideurs chargés des programmes n’avaient pas de ressources semblables pour répondre à la question “quel est le profil de risque de ma collectivité et comment puis-je, avec cette information, estimer le fardeau futur et déterminer comment le réduire? ” »

— Dre Laura Rosella, Scientifique
Graph illustrating the Absolute risk reduction in 10-year diabetes risk) as a result of (A) 5% weight reduction and (B) a lifestyle intervention for different target populations.

La Dre Rosella fait remarquer qu’en général, les décideurs lisent la documentation ou synthétisent les données probantes pour élaborer leurs stratégies locales de prévention du diabète. Le DPoRT vise plus loin : « Il permet de répondre à d’autres questions que celle des interventions qui fonctionnent, par exemple : “combien de personnes sont à risque? ” et “qui sont-elles et pourquoi cela touche-t-il ma collectivité? ” ».

Comme elle le fait remarquer, les interventions mentionnées dans la documentation tiennent rarement compte de la distribution de la population. Elles focalisent plutôt sur elles-mêmes — ce qui fonctionne ou non. Le DPoRT aide à déterminer les interventions qui auront le plus grand effet sur les collectivités. 

Le DPoRT permet aussi aux décideurs d’évaluer l’effet de divers scénarios. « Qu’arrive-t-il si on cible telle population avec tel niveau d’intervention que la documentation nous décrit? Quel sera l’effet par rapport à celui d’une autre approche? Il y a beaucoup de stratégies relatives au diabète, alors nous faisons les calculs liés aux interventions et aux cas prévus, et nous déterminons le nombre de personnes qui doivent faire l’objet du dépistage ou du ciblage pour que l’effet soit satisfaisant », continue la Dre Rosella. « Les décideurs fournissent le contexte et les renseignements locaux nécessaires pour déterminer les interventions réalisables et susceptibles de réussir. » 

Le DPoRT a été élaboré et validé en collaboration avec des partenaires des bureaux locaux de santé publique de l’Ontario. Le bureau de santé publique de Peel a participé à un projet-pilote très fructueux, et ses épidémiologistes se servent maintenant de l’outil pour guider la prestation de services comme des programmes de prévention.

« Lorsqu’ils élaboraient des programmes et des politiques visant à réduire la prévalence des maladies chroniques dans l’ensemble de la population, les décideurs en santé publique devaient auparavant se fier sur des données produites dans des milieux cliniques et concernant des populations à risque élevé », affirme le Dr David Mowat, médecin-hygiéniste de la région de Peel. « Depuis l’arrivée du DPoRT, nous pouvons déterminer le risque à l’échelle de la population globale et planifier les stratégies de prévention les plus efficaces pour tous et toutes. » 

La Dre Rosella a reçu des Instituts de recherche en santé du Canada une bourse qui lui permettra de faire connaître et de mettre en œuvre l’outil dans les bureaux locaux de santé publique de l’Ontario et dans d’autres territoires du Canada. Sa recherche porte maintenant sur la mise en œuvre du DPoRT. À cette fin, elle consulte des décideurs de plusieurs provinces et autorités du Canada et elle continue à l’adapter en tenant compte des commentaires des utilisateurs.

Ces commentaires continuent à guider les améliorations apportées au DPoRT. Par exemple, la première version prédisait l’incidence (c.-à-d. le nombre de nouveaux cas dans une période donnée). Toutefois, les décideurs voulaient aussi comprendre l’impact financier de ces nouveaux cas possibles. Présentement, la Dre Rosella intègre aux outils des estimations des coûts attribuables et ajoute de nouvelles fonctions qui améliorent la mesure du risque pour la population. « Dans le contexte actuel, l’élément financier doit être abordé dans chaque conversation », dit-elle.

Graph illustrating the ten-year estimate of diabetes risk, % and number of incident cases in thousands according to baseline HbA1c and Fasting Plasma Glucose (FPG), in the Canadian Health Measures Survey collected 2007 to 2011.

Les décideurs voulaient également connaître la prévalence. « En ce qui concerne le fardeau, il ne s’agit pas seulement de déterminer le nombre de personnes qui vivent actuellement avec le diabète, mais les nouveaux cas prévus — l’objet de la prévention. « Les décideurs doivent connaître la situation globale (la somme des cas existants et nouveaux) pour obtenir un nombre total et déterminer le fardeau », conclut la Dre Rosella. « Le DPoRT met ces renseignements dans les mains des personnes qui en ont besoin pour planifier, prioriser et élaborer le plan d’action. » 

Les recherches publiées de la Dre Rosella sur le DPoRT et son utilisation se trouvent à (en anglais) : 

  1. Risk distribution and its influence on the population targets for diabetes prevention. Rosella L, Lenenbaum M, Li Y, Wang J, Manuel D. Preventative Medicine. October 2013.
    http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0091743513003770
  2. The role of ethnicity in predicting diabetes risk at the population level. Rosella LC, Mustard C, Stukel TA, Corey P, Hux J, Roos L, Manuel DG. Ethn Health. January 2012 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22292745
  3. A population-based risk algorithm for the development of diabetes: development and validation of the Diabetes Population Risk Tool (DPoRT).Rosella LC, Manuel DG, Burchill C, Stukel TA; PHIAT-DM team. J Epidemiol Community Health. July 2011. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20515896 
  4. How many Canadians will be diagnosed with diabetes between 2007 and 2017? Assessing population risk. ICES Investigative Report. Manuel DG, Rosella LCA, Tuna M, Bennett C. Institute for Clinical Evaluative Sciences; 2010. http://www.ices.on.ca/file/Diabetes%20Risks%20June%2016%202010.pdf

PHO in Action – Laura Rosella

The rate of people with Type 2 diabetes is growing at an alarming pace in Canada. According to the Canadian Diabetes Association, 2.7 million Canadians have diabetes and this is expected to rise to 4.2 million by 2020. PHO’s Dr. Laura Rosella is investigating ways to address this critical issue from a broad population health perspective. Rosella has developed tools that calculate the risk of diabetes in a given population, to help decision-makers and program planners create and implement diabetes reduction strategies in their communities.

Durée : 4 minutes

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Mis à jour le 12 janv. 2017