Pourquoi est-ce important de surveiller les moustiques en Ontario?

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27 nov. 2018

Il est vrai que la présence des moustiques peut être désagréable au printemps et pendant l’été. Mais savez-vous que leur surveillance est une activité indispensable à la santé publique car elle permet de prévenir des maladies comme le virus du Niloccidental (VNO) et le virus de l’encéphalite équine de l’Est (VEEE), transmis par des moustiques? Pour en savoir davantage sur la surveillance des moustiques en Ontario, nous vous invitons à lire ce billet.

Qu’est-ce que la surveillance des moustiques?

La surveillance des moustiques qui a lieu en Ontario consiste à attraper des moustiques et à les analyser pour voir s’ils sont porteurs du VNO et du VEEE.
De juin à octobre, plus de 300 trappes permettent de prélever des moustiques une nuit par semaine dans l’ensemble de la province. Les moustiques qui se laissent prendre au piège sont ensuite examinés en vue de l’identification de l’espèce à laquelle ils appartiennent et de leur dénombrement. Cela nous permet de collecter des données sur le nombre de moustiques ramassé par espèce chaque saison dans chacun des sites. Les responsables de la santé publique utilisent ces données pour évaluer le risque d’infection de la population humaine au VNO ou au VEEE.

Depuis 2002, plus de 11 millions de moustiques ont ainsi été collectés en Ontario, parmi lesquels 5 millions ont été identifiés comme appartenant à une espèce donnée. Parmi les espèces de moustiques prélevées, en voici les plus communes :

  • Aedes vexans (30 % de tous les moustiques identifiés)
  • Coquillettidia perturbans (25 % de tous les moustiques identifiés)
  • Culex pipiens/restuans (14 % de tous les moustiques identifiés)
  • Ochlerotatus trivittatus (7 % de tous les moustiques identifiés)
  • Ochlerotatus stimulans (6 % de tous les moustiques identifiés)

Pourquoi la surveillance des moustiques est-elle si importante?

En plus de permettre l’évaluation du risque de maladies transmises par les moustiques, la surveillance de ces insectes fait partie intégrante des connaissances sur l’évolution des populations de moustiques au fil du temps. Le changement climatique (l’augmentation des températures pendant l’été et des hivers plus cléments), l’accroissement de l’urbanisation et l’intensification des voyages et du commerce à l’échelle mondiale sont autant de facteurs qui contribuent à augmenter les possibilités de détecter de nouvelles espèces de moustiques en Ontario.

Comme on a récemment pu le constater avec la propagation mondiale du virus du chikungunya et du virus Zika, les virus transmis par les moustiques peuvent émerger rapidement, créant le besoin de réagir rapidement. Le programme de surveillance des moustiques qui existe en Ontario est l’un des plus solides d’Amérique du Nord et il permet aux responsables de la santé publique de préparer une intervention rapide pour réagir face aux nouveaux agents pathogènes transmis par des moustiques envahissants.

Il arrive que, dans le cadre de la surveillance des moustiques, on en détecte des espèces inhabituelles. S’il est vrai que la plupart d’entre elles ne s’établiront jamais dans notre province du fait de l’absence d’habitat et de climat appropriés, des espèces nouvelles peuvent toutefois s’y établir. L’une d’elles, l’Aedes japonicus (normalement originaire d’Asie du Sud-Est), a ainsi été observée pour la première fois en Ontario en 2001 et, dès 2005, elle s’était rapidement répandue au sud de la province.

À l’automne 2016, les responsables de la santé publique ont repéré pour la première fois au Canada, dans la ville de Windsor, des moustiques de l’espèce Aedes aegypti et ils ont observé les premières preuves de la propagation d’une population de moustiques de l’espèce Aedes albopictus. Ces deux espèces de moustiques sont des piqueurs agressifs de l’être humain et des vecteurs potentiels de la dengue, du chikungunya, de la fièvre jaune et du Zika dans les régions plus chaudes du globe. Nous ne pensons pas que ces moustiques de type Aedes survivront à l’hiver en Ontario, mais il est important que nous continuions à surveiller leur présence afin de nous assurer qu’aucune de ces espèces ne s’établisse dans le sud de l’Ontario.

Nous savons que les moustiques peuvent être des piqueurs désagréables et transmettre des agents pathogènes mais qu’en est-il de leurs bienfaits dans l’environnement?

« La plupart d’entre nous se passerait bien des moustiques et la planète dans son ensemble ne s’en trouverait guère changée s’ils étaient éliminés. Toutefois, outre leur beauté et les enseignements qu’ils nous donnent en matière d’évolution, ils jouent un rôle écologique important dans de nombreux écosystèmes, en tant que pollinisateurs, prédateurs ou proies »

— Dr Mark P. Nelder, spécialiste principal de programme et entomologiste médical, Santé publique Ontario
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Publié le 27 nov. 2018